L’hypocrisie des États membres de l’Union européenne

12 septembre 2017 - par Marine

Monter à bord d’une embarcation de fortune et partir au large rejoindre les côtes italiennes est la réalité des réfugiés en Libye. Par contre, ceux qui n’arrivent pas à rejoindre l’Europe sont envoyés dans des centres de détention aux conditions et traitements misérables. C’est en tout cas ce que déplore la présidente de Médecins sans frontière après en avoir vue la couleur. Le 7 septembre dernier, Joanne Liu publie une lettre ouverte adressée aux Aux dirigeants des États membres de l’Union européenne. Dans ses écrits, elle dénonce le rôle qu’ils jouent en Libye. L’Europe serait, en effet, responsable du sort des victimes parqués à Tripoli…

(Des détenus passent des mois en détention sans savoir quand ils seront relâchés, centre Abu Salim – crédit photo : Guillaume Binet/MYOP)

Le 3 Février, il se tenait à Malte une grande réunion des chefs de gouvernements de l’UE pour tenter de trouver des solutions à la crise migratoire.  Pensez-vous sincèrement qu’ils sont passés par quatre chemins ? Pour protéger leur territoire et contrôler le trafic de personnes, l’UE a décidé tout simplement de bloquer les frontières et soutenir financièrement les autorités libyennes. Résultat ? Environ 200 000 000 d’euros dans les poches d’un pays éclaté par un conflit entre l’union national (GNA) et le gouvernement de l’Est du Maréchal Haftar. Le but bien entendu des textes signés est de réduire le flux de réfugiés en Méditerranée.  Pour ce faire, il est question de collaborer avec le premier ministre Fayez al-Sarraj (GNP) et laisser le soin à ses gardes côtiers de surveiller les frontières pour placer en détention les migrants fuyant par les eaux. L’idée, avec ces financements, serait de réduire les allers et venu des passeurs, ainsi de protéger les réfugiés, mais aussi de leur apporter l’aide dont ils ont besoin sur place en Libye avant de déterminer quoi faire d’eux…

(Une femme brulée aux jambes reçois de l’aide d’une autre détenue dans le centre de Sorman  – crédit photo : Guillaume Binet/MYOP)

Les violences en Libye sont nombreuses et l’instabilité politique favorise la création de nombreux groupe criminels. La présence de trafiquants et malfaiteur au sein même des centres de détention s’oppose totalement aux droits de l’homme.  Les lieux soumis à aucune règlementation sont invivables, construits par des hommes contraint aux travaux forcés. Enlèvements, demande rançon, malnutrition, viol, torture et surpeuplement dans les cellules marquent le quotidien des réfugiés retenus prisonniers selon un rapport choquant et très détaillés des équipes sur place de MSF. Les conditions de vie sont inhumaines et l’insécurité qui règne empêche les ONG de prodiguer les soins nécessaires. 20 000 migrants attendent d’être libérés, tous souffrent pendant que l’Europe ferme les yeux. Les passeurs, bien entendu, profitent de la situation pour

Ainsi, L’Europe, en signant ces accords, agit dans ses propres intérêts. Il n’est pas question de recueillir des réfugiés sur son territoire mais bien de les éloigné le plus possible. Les victimes sont sacrifiées à défaut d’être sauvé. En déléguant leur responsabilités les représentants européens deviennent complices des atrocités commises en Libye. Si l’idée était de réduire les traversées, il semblerait que les réfugiés n’aient plus rien à perdre. De grave abus en 2017 sont cautionnés, c’est une honte pour les droits de la personne.

 

 

 

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