Se noyer dans l’arène

5 septembre 2017 - par Gabriel Auclair

Quand ce n’est pas les séries éliminatoires de la ligue nationale de hockey, c’est la coupe Grey, c’est le Super Bowl, c’est les Alouettes et l’impact, c’est la coupe Rogers.

 

Mais attendez ! Nous avons aussi la chance de regarder les jeux olympiques à chaque deux ans parce qu’évidemment, il y a les jeux d’été et les jeux d’hiver. Tous ces évènements sportifs ont droit à une couverture médiatique démesuré chaque fois qu’ils ont lieu et ça dure toute l’année. Selon l’entreprise influence communication, le sport a été le thème le plus médiatisé au Québec en 2016 et 70% de cette médiatisation était dédié au Canadien de Montréal. Toujours selon le même bilan médiatique, les messages les plus retweetées au Québec en 2016 étaient en lien avec un but contesté de la part des Hurricanes…C’est là qu’on voit toute l’utilité des réseaux sociaux dans les grands débats de société.

 

Le phénomène est d’une redondance affligeante. C’est comme si on jouait toujours la même chanson à la radio en modifiant une fois de temps en temps les paroles.C’est là qu’on voit toute l’utilité des réseaux sociaux dans les grands débats de société.

 

Nous sommes tellement formés par cette dynamique sportive que nous en importons parfois les codes dans d’autre domaine comme, par exemple, la politique. Quand on observe une campagne électorale, on voit qu’elle est traitée comme une saison de hockey. On nous montre les capitaines des différentes équipes et leurs logos, des sondages et des analyses complètes sur qui à le plus de chance de gagner et on entend toute sorte d’« experts » commenter les débats ou les citations. La seule différence entre la politique et le sport, c’est que les gens s’intéressent au sport à l’année longue… Nous ne sommes pas si loin de la Rome antique et du système d’évergétisme. La forte attention que nous portons aux sports nous fait oublier des nouvelles et des combats bien plus importants, comme les coupures dans l’éducation, puisque l’équipe que nous supportons devient notre combat.

 

Selon une étude de Fabien Archambault et Loïc Artiaga, le sport sert aussi de construction identitaire et nous voyons en l’organisation sportive que nous aimons  ses défaites et ses victoires comme si elles étaient les nôtres. Le fait que le sport divertit a pour effet de dévier l’attention et de simuler des émotions fortes et des victoires éphémères. Le fait que les Canadiens de Montréal n’ont pas gagné de coupe Stanley depuis 1993 n’est pas un problème, le fait que le Canada ne soit pas en première place au jeux Olympique n’est pas important non plus.

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Une réaction sur “Se noyer dans l’arène”

  1. Élisabeth Lacoste dit :

    Ta chronique est vraiment intéressante. J’aime beaucoup la comparaison entre le sport et la politique. Le ton sarcastique est bien employé. Par contre, je trouve la fin un peu abrupte,mais dans l’ensemble, le texte est très bien.

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