Un choix judicieux, vraiment ?

1 décembre 2016 - par Guillaume Guay-Morin

 

Une élection c’est bien beau, mais faut-il encore penser à ses répercussions. C’est un événement très important, car les retombées de celle-ci sont primordiales, surtout provenant d’un pays si puissant. Voici pourquoi la renégociation ou une possible sortie de nos voisins du sud de l’Accord de libre-échange nord-américain est cruciale pour notre économie et celle du Mexique.

 

 

Tout d’abord l’ALÉNA est un accord permettant un accès aux marchés dédiés pour les marchandises, une protection pour l’investissement à l’étranger, un accès aux marchés publics, cela facilite également l’admission des gens d’affaires et finalement traite de questions  environnementales.

 

 

L'entraide, ça vaut la peine. Ne risquons pas de tout perdre. © Les Affaires

L’entraide, ça vaut la peine. Ne risquons pas de tout perdre. © Les Affaires

 

Avant le jour officielle des élections, Donald Trump affirmait que s’il était élu, il s’engageait à renégocier l’ALÉNA qu’il qualifie de désastre économique pour les États-Unis. Il émet aussi qu’il n’exclue pas l’idée de se retirer également de ce traité économique. Le Canada en particulier dépend de cet accord pour faire rouler son économie et si une telle chose se produit, cela pourrait chambouler l’économie nord-américaine. « En 2015, le Québec a expédié 72% de ses exportations de marchandises au sud de la frontière, ce qui en fait de très loin notre premier partenaire commercial, selon l’Institut de la statistique du Québec. » Le tout pourrait pourraient inciter des investisseurs étrangers de renoncer à s’implanter au Canada en favorisant une implantation aux États-Unis, car leur accès au marché américain pourrait se voir plus restreint à la suite de l’élection de Trump.

 

 

Ensuite, si le président américain décide de renier le traité, cela provoquerait la fin de l’ALÉNA. Une récession canadienne serait alors envisageable. L’effet pourrait d’ailleurs être considérable pour les provinces du Québec et de l’Ontario, où la fabrication joue un rôle encore plus important. Le secteur des ressources serait aussi touché. Pourtant, Mathieu Bédard, économiste à l’Institut économique de Montréal affirme que suite à l’entrée en vigueur de l’ALÉNA en janvier 1994, des effets positifs ont été observés. La productivité du travail avait augmenté à travers l’Amérique du Nord. Au Canada, elle avait augmenté de 14 %. En somme, les échanges entre les États-Unis, le Canada et le Mexique sont passés de 481 milliards en 1993 à 1,1 billion de dollars américains en 2015. Malgré tout, Donald Trump prétend que les Américains ne produisent plus rien. Pourtant, le secteur manufacturier américain a augmenté sa production de 58 % depuis l’entrée en vigueur du traité.

 

 

Heureusement, le Canada a réussi à réduire son indépendance économique envers les États-Unis avec l’arrivée d’un nouvel accord passé en partenariat avec l’Union européenne et le Partenariat transpacifique. Le gouvernement canadien a sans doute déjà réfléchi à une proposition très spécifique afin de mettre à jour l’ALÉNA. L’objectif serait de protéger les intérêts des canadiens et de créer de nouvelles occasions commerciales.

 

 

Par conséquent, le Canada est touché directement par ces importantes retombés économiques, car il est l’un des principaux partenaires commerciaux de son voisin du sud. Un très haut pourcentage de nos ressources vont directement au États-Unis tout en  rapportant des revenus extérieurs au Canada.

 

 

Compte tenu de ces enjeux économiques cruciaux, le Canada devra faire face à cette possible réalité. Malgré tout, le pays s’est préparé d’avance à cette événement pouvant chambouler non seulement l’économie canadienne mais aussi mexicaine. Alors pourquoi l’ALÉNA devrait-il être renégocier sachant que cela amène un lot important de problématiques ? Il est donc conseillé de bien jouer le jeu, car une telle situation ne touche pas uniquement un pays mais deux autres en plus.

 

3 pays, un santé économique © Explorateurs avertis

3 pays, une santé économique © Exportateurs avertis

 

Finalement, une réitération ou une sortie de cet accord serait négatif dans plusieurs sphères économiques. Il serait donc bien de rester dans ce traité et de ne pas mettre en péril une économie se portant relativement bien.

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Une réaction sur “Un choix judicieux, vraiment ?”

  1. leanadeau dit :

    Tu sembles t’être bien informé pour rédiger ton éditorial, félicitation. Ton texte suit bien ta ligne directrice tout en touchant plusieurs aspects du sujet, ce qui nous permet bien de comprendre les enjeux.

    Par ailleurs, il y a quelques coquilles/fautes de frappe et il aurait peut-être été intéressant de mieux préciser ton sujet dès le premier paragraphe, car tu parles des élections sans mentionner les États-Unis ni Donald Trump.

    En somme, ton texte est très instructif et bien écrit.

    Bravo!

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